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Stora-invisible.jpgBenjamin Stora tente une analyse du conflit algérien contemporain dans ses faits mais aussi, surtout, dans ses représentations. Entre un pouvoir militaire qui censure et un islamisme qui s'attaque d'abord aux intellectuels et aux journalistes, cette guerre laisse peu de place aux témoins et aux images. Quel peut être le sens de cette implacable violence alors même que les forces en présence ne montrent pas leur visage au grand jour?
L'historien rappelle que la proximité de la guerre d'indépendance, et son instrumentalisation comme outil de légitimation par le pouvoir depuis 1962, ne fait pas de cette guerre plus récente une réplique de la première. Les similitudes existent - utilisation de la guérilla, actes de barbarie et revendication d'un Islam "libérateur"- mais les différences sont essentielles: guerre d'indépendance d'une part, guerre civile de l'autre.

La guerre invisible – Algérie, années 90
, Benjamin Stora
(Presses de Sciences Po, 2001)


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30 ans après les faits, Jean-Luc Einaudi reconstitue les sombres journées qui se déroulèrent à Paris en octobre 1961 et durant lesquelles une manifestation pacifique d'Algériens fut sauvagement réprimée par la police. Recoupant archives et témoignages, il constitue chronologie et listes de disparus. 2 morts selon la version officielle, 200 selon son terrible décompte. Maurice Papon, préfet de police jusqu'en 1967 - directement mis en cause par Jean-Luc Einaudi, perd en 1999 un procès qu'il lui intente pour diffamation.
La reconnaissance officielle de cette répression meurtrière par le maire de Paris en 2001 n'enlève rien à la stupéfaction ressentie à la lecture de ce livre et des faits qu'il rapporte. Il reste en tous points éclairant sur l'atmosphère raciste qui baigne alors - il y a moins de 50 ans - une partie de la société française et de ses institutions.

-La bataille de Paris, 17 octobre 1961, Jean-Luc Einaudi (Seuil, 1991)


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René Vautier est connu pour être le cinéaste "le plus censuré de France". C'est probablement exact mais aussi excessivement réducteur. Réalisateur de talent et d'action à la filmographie impressionnante, René Vautier articule avec humour et courage le fameux rapport de la théorie et de la pratique. Décoré à 16 ans pour faits de résistance, il retire de la seconde guerre mondiale un goût prononcé pour un pacifisme lucide et imaginatif.  Emblématique, à l'époque de la guerre d'Algérie, d'une minorité anticolonialiste, il cherche en vain le soutien du Parti Communiste pour aller tourner sur place (ce qu'il réalisera en solo). En 1973, suite à une grève de la faim, René Vautier obtient la fin officielle de la censure politique du cinéma en France, amenant les autorités à justifier leur refus
éventuel de visa d'exploitation sur les seuls critères de violence ou de pornographie. 
Passionnantes à bien des égards, ses Mémoires décrivent le milieu du cinéma, français et algérien, au travers de différentes périodes de tensions politiques.
Sous-jacent, le thème des liens unissant la création d'images et la construction de l'Histoire y est également abordé.

-Caméra citoyenne, Mémoires, René Vautier (Apogée, 1998)


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La somme de Pierre Péan et Christophe Nick sur TF1 est, à juste titre, connue pour démonter avec brio les rouages d'une entreprise de communication et ses accointances avec le pouvoir politique.
Contextualisant leur analyse, les auteurs remontent dans l'histoire de la télévision française et du premier des hommes politiques de ce pays à en avoir mesurer les enjeux en général et dans le cadre de la guerre d'Algérie en particulier, j'ai nommé Charles de Gaulle.




-TF1, un pouvoir, Pierre Péan et Christophe Nick (Fayard, 1997)

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