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Affiche de la 7ème édition du festival Komikazen, Ravenne, Italie.

 

 

"Le masque du pouvoir".

Ainsi s'intitulait le fil rouge de la dernière édition de Komikazen où quelques pages D'Algérie étaient présentées au sein d'une vaste exposition collective.

Parmi celles-ci, je présentais la page ci-dessous, citant Jean-Marie Lepen au sujet de ses propres pratique et justification de l'usage de la torture.

 

 

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Face à l'étonnement visible du public italien présent, je rappelais que l'ancien leader d'extrême-droite avait bénéficié des amnisties successives de l'Etat français.

2002 avait donc pu voir une personnalité porteuse d'un tel pedigree au second tour des élections présidentielles. 

En 2011, après le Canard Enchaîné et Michel Rocard il y a quelques années, Jean-Marie Lepen a récemment annoncé qu'il attaquerait Eva Joly pour diffamation suite aux déclarations de cette dernière.

Comme l'explique très clairement l'article du Monde cité par Algeria-Watch, les amnisties ont engendré quelques subtilités juridiques que ne renierait aucun amateur d'acte manqué :


"Devant les tribunaux, l'évocation de faits de torture commis pendant la guerre d'Algérie relève d'une procédure particulière en raison des lois d'amnistie. Celles-ci interdisent d'évoquer les faits eux-mêmes. Conséquence, l'auteur des propos ou des écrits poursuivis pour diffamation ne peut se défendre, comme c'est le cas habituellement, en apportant la preuve de leur véracité. Il lui faut convaincre les juges de sa bonne foi."

 

Alors que Nicolas Sarkozy - toujours officiellement non-candidat aux prochaines élections présidentielles - a opéré un énième revirement démagogique en s'attaquant à l'idée du vote des étrangers aux élections locales (qu'il préconisait encore en 2005), le ministère de la défense annonçait le transfert des cendres du général Bigeard aux Invalides. Ce dernier, figure emblématique de la bataille d'Alger - et contrairement même au général Massu, pourtant peu réputé pour ses tendances gauchistes - n'aura jamais condamné ni même regretté l'usage de la torture en Algérie.

 

Le refoulement pèse de tout son poids dans la position de l'Etat français, et dans une partie de l'opinion, face à la guerre d'Algérie en général et à la pratique de la torture en particulier. On se prend parfois à rêver - pas très longtemps, il faut l'admettre - que les prochaines élections présidentielles soient l'occasion d'une bonne séance de psychanalyse nationale.

 

Et bonne année quand même !

 

 


 

 

Tag(s) : #Ras le baluchon

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