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Lors du festival de Frontignan, suite à la projection d'Algéries intimes, certains membres de l'assistance m'ont interrogé sur les liens entre l'assassinat de mon oncle et de ses 3 confrères pères blancs (à Tizi Ouzou en décembre 1994) et celui des moines de Tibérihine (en 1996).

Pour beaucoup de lecteurs, comme j'ai pu le constater lors de rencontres mais aussi dans plusieurs chroniques consacrées à mon livre, le meurtre des pères blancs de Tizi Ouzou est confondu avec la disparition des moines de Tibérihine. Est-ce lié à la plus grande médiatisation de cet évènement ? Aux circonstances troublantes de ce drame qui ont rapidement
été mises en évidence ? À une confusion plus générale dans l'esprit de nombreux Français au sujet des années 90 en Algérie ?

Certes l'objet de mon livre n'était pas de mener une enquête sur les tenants et aboutissants de la guerre civile des années 90 en Algérie mais il m'était simplement impossible de faire totalement l'impasse sur ces questions.

Pour qui s'intéresse et s'est intéressé aux relations franco-algériennes depuis 1962, et sans pour autant sombrer dans le délire paranoïaque du complot, il apparaît nettement que celles-ci sont... troubles ! Rapports complexes d'Etat à Etat historiquement liés par la colonisation, enjeux industriels et pétroliers considérables,  instrumentalisation d'une partie des mouvements islamistes - avant et après les attentats du 11 septembre, culture exacerbée de l'intoxication directement issue des guerres d'indépendance (l'Algérie après l'Indochine)...



Alors qu'un ouvrage comme Françalgérie, crimes et mensonges d'état désignait nommément, dès 2004, un responsable présumé des meurtres de Tizi Ouzou (ancien gendarme télécommandé par les services secrets, selon les auteurs),
les affirmations récentes d'un officier français en retraite, le général Buchwalter, confortent le caractère ambigu des relations de certains islamistes avec les mêmes services secrets et mettent même directement en cause l'armée algérienne, responsable selon lui, dans l'affaire Tibérihine, d'une bavure.
Il est notable que ses "révélations", relayées hier par la presse française, soient aujourd'hui remises en cause en première page par une partie des journaux algériens (ici, par exemple, El Watan), qui cependant soulignent également l'opacité du déroulement de ces évènements. 
Tag(s) : #généralités

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