Juste avant les2es Assises de la bande
dessinée indépendantequ'elle organise, l'équipe de Périscopages était auLieu Unique de Nantesle
week-end dernier où elle faisait l'intéressante en public mais aussi sur Jet FM dans le cadre de l'émission RDVBD que vous pouvez écouter en cliquant ci-dessous sur ce beau collage de
Poch.
L'édition indépendante est-elle un sacerdoce?
Une mission sacrée?
Un programme sacrificiel?
Une vaste offensive marketing?
Le moyen de travailler de façon créative avec des gens qu'on estime et apprécie sur des projets chers à nos coeurs?
Des morceaux de réponse dans la rencontre qui s'est déroulée le 12 mars aux Champs Libres avec Kate Fletcher (mon éditrice et néanmoins amie),Jean-Pierre Mercier (conseiller scientifique du CNBDI et animateur de la rencontre) et ma pomme, rencontre écoutable ci-dessous (en cliquant sur la note verte).
Et puisqu'on parle d'édition, un rappel pour vous dire que l'équipe de Périscopages, fraîchement revenue d'unweek-end à Nantes, continue à vous
proposer unprogramme en coursà
Rennes jusqu'au 8 juin.
Et voilà. Périscopages 2008a commencé ce week-end.
Inauguration des expositions consacrées à 20 ans de graffiti, Nylso et Misma qui durent jusqu'au 8 juin et auxquelles s'ajoutent celles de Benoît Jacques, Alice
Lorenzi et Vincent Fortemps (déjà fêtées ou en passe de l'être).
J'étais le week-end précédent àCholetoù René Vautier - très en verve - a déployé ses talents et son expérience de narrateur. Il m' a appris à cette occasion que Jean Scotto, curé
pied-noir (re)mis en scène dans D'Algérie, avait contribué à diffuser certains de ses films - pour beaucoup censurés ou simplement dénués de tout visa officiel - vers
l'Amérique du Sud.
Son filmAfrique 50, commandé au départ par la Ligue de l'Enseignement, allait devenir le premier film français anticolonialiste et conduire son auteur à être condamné à un an
de prison ainsi qu'à une course poursuite rocambolesque en Afrique de l'Ouest puis en France. A ce jour, bien que dorénavant diffusé à l'étranger par certaines ambassades françaises, il ne
dispose toujours d'aucun visa mais ces nombreuses diffusions militantes comptabilisent plus d'un million de spectateurs.
Difficile de s'intéresser au colonialisme français et à ses représentations sans rencontrer le nom de François Maspero.
Libraire dans le Quartier Latin, il crée les éditions Maspero en 1959, en pleine guerre d'Algérie.
Son livre L'honneur de Saint-Arnaud, retour sur la vie d'un militaire ambitieux et couvert de gloire grâce à son implication impitoyable dans la colonisation du Maghreb, dresse en creux
le portrait des systèmes successifs - Monarchie, République, Empire - qu'Achille de Saint-Arnaud traverse.
Entre autres liens esthétiques et idéologiques, Maspero édite les écrits du pédagogue Célestin Freinet, écrits que j'ai découverts par le biais du GPAS - association déjà
évoquéeici-
puis il travaille, à partir des années 90, avecKlavdij Sluban, photographe également publié par l'oeil électrique
éditions.
Amis rennais et autres de passage, C'EST BIENTÔT la fin del'exposition consacrée à Germaine Tillion aux Champs Libres.L'occasion de découvrir son travail ethnologique sur les chaouïas - population berbère des Aurès - ainsi que son incroyable parcours, depuis la résistance
et la déportation à Ravensbrück jusqu'à ses recherches et prises de position plus récentes.
Pour ma part, je serai le week-end des 10 et 11 mai aux côtés de René Vautier, Etienne Davodeau,Philippe Squarzoni, Fabrice Neaud et quelques autres lorsdu festival de la bande dessinée engagée(Cholet), occasion probable de discuter de cette notion même d'engagement.