Conclusion (humoristique, faut-il le préciser) de Pascal Ory sur France Culture ce midi au sujet de Saint Augustin, considéré par certains comme
"l'Algérien le plus célèbre".
Algérien et berbère, comme les membres de l'ACBB qui m'invitent demain avec le Comité
Rennes Sétif à 18h30 à la Maison Internationale de Rennes.
Ci-dessus un de mes dessins publié sur le site d'information satirique Bakchich (auquel je contribue depuis...
le festival d'Angoulême).
Parmi les stéréotypes français relatifs au Maghreb, le poncif raciste de "l'Arabe" est probablement le plus partagé. Cette entité
générique permet, s'appuyant sur une forme d'imaginaire collectif, d'associer sans ambages une diversité exemplaire de notions : l'Arabe, l'immigré, l'habitant des cités, le musulman, le polygame, le sauvage, l'envahisseur, le
délinquant, la racaille...
Dans Le transfert d’une mémoire – de l’Algérie française au racisme anti-arabe, Benjamin Stora
analyse l'histoire de cet imaginaire et l'instrumentalisation qui en est faite, en revenant notamment sur
l'articulation entre Algérie française et Front National.
Depuis les photographies du XIXème siècle mettant en scène des prostituées maghrébines jusqu'aux clichés télévisuels
contemporains sur les immigrés arabes et leurs descendants, les relations franco-algériennes pourraient mettre au travail un bon nombre de psychanalystes !
Y aura-t-il des psychanalystes dans la salle ? Je n'en sais rien mais je suis invité ce week-end au Maghreb des livres, manifestation
qui se tient à Paris dans la mairie du 13ème arrondissement. Comme pour les autres rencontres à venir, tout est détaillé dans mon agenda.
Connu
internationalement comme cinéaste militant - et en Italie comme le frère de Bruno Pontecorvo, physicien
nucléaire passé à l'Est en 1950 - Gillo Pontecorvo réalise La bataille d'Alger en 1965.
Avec un réalisme atmosphérique assez saisissant - le film sera utilisé par les militaires américains se formant à la guerre subversive - il retrace la bataille qui oppose en 1957 les parachutistes
de Massu aux membres du FLN d'Alger, parmi lesquels les figures emblématiques d'Ali la Pointe et Yacef Saadi. Celui-ci, en plus d'y camper son
propre rôle, est producteur du film. René Vautier, partie prenante de l'émergence du cinéma algérien, évoque dans ses Mémoires les circonstances tumultueuses de cette production, Yacef Saadi et lui-même quittant le président Ben Bella et son
directeur de cabinet avec un (gros) paquet d'argent liquide (afin de contourner les lenteurs administratives qui rendaient fou furieux Saadi !).
Recevant le Lion d'Or à la Mostra de Venise en 1966, le film devra attendre 1971 pour sortir normalement dans les salles françaises.
Les amateurs noteront au générique la présence musicale d'Ennio Morricone.