
"L'expression identité nationale, en France, a été mise en circulation, pas par la droite, mais
par l'extrême gauche".
Est-ce à dire que le vieux Maréchal était un (dangereux) gauchiste qui s'ignorait ?
L'historien Gérard Noiriel, membre démissionnaire de la Cité nationale de l’immigration suite à la création du Ministère de l’identité nationale, explique, dans une conférence éclairante, les renversements du
discours - opérés de la gauche vers la droite - relatifs à cette identité. Comme dans son livre Immigration, antisémitisme et racisme en France (XIX-XX siècle) - discours publics, humiliations
privées, il revient sur l'histoire de cette notion identitaire, de sa représentation dans l'imaginaire collectif et de son utilisation politique. Comme je le suggérais ici à propos d'un livre de Benjamin Stora, les images véhiculées en France autour de l'Etranger en général, et de
l'Arabe en particulier, ne datent pas d'hier.
Parmi d'autres considérations passionnantes, Gérard Noiriel évoque l'une des caractéristiques de l'immigration en France : sa mise en place et son développement
dès le XIXème siècle -
alors que les autres territoires européens sont pour beaucoup encore des terres d'émigration - en
réponse au poids politique octroyé aux classes populaires par un droit de vote
acquis dès
1848. Confrontées aux mutations du capitalisme, et à la différence de la
situation en Grande-Bretagne par exemple, rappelle Gérard Noiriel, la population française pèse donc électoralement en amont de
la révolution industrielle. En conséquence, pour recruter de la main d'oeuvre, les responsables capitalistes ont recours au travail des femmes - qui ne votent pas - et à l'usage massif de
l'immigration.
par Morvandiau
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