D'Algérie

  • : Blog consacré au livre D'Algérie, bande dessinée de Morvandiau, en librairie le 16 novembre 2007.

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Mercredi 2 avril 2008
Willem, dessin paru dans Charlie Hebdo (années 90)

Ah - je n'en avais plus trace que sur une VHS un peu pourrie - j'ai remis la main sur le portrait de Willem réalisé lors de la première édition de Périscopages (en 2001) avec l'équipe de Zaléa TV et mon camarade Mathieu Renard. Ce documentaire d'une cinquantaine de minutes est, si je ne m'abuse, le premier consacré au dessinateur hollandais... ce qui paraît tout de même assez aberrant. Et emblématique d'une forte amnésie dans les domaines du dessin de presse et de la bande dessinée.

couverture de Steinlen, L'Assiette au beurre, numéro 1 (1901).
Légende:
"CAISSE DE GRÈVE - Et le citoyen ministre, il n'envoie rien?
- Si, 3000 hommes de troupe. "

Cette couverture de l'Assiette au beurre est un extrait de presse que j'ai redessiné, parmi pas mal d'autres tout au long D'Algérie, avec le souci de montrer une facette du contexte de l'époque. Ce journal en particulier - Willem en parle de même dans le film - a inspiré toute la presse satirique française au XXème siècle.
 

Ci-dessus, couverture de Life, mai 1953.
Ci-contre, couverture de MAD #11, mai 1954  (dessin : Basil Wolverton, texte : Harvey Kurtzman).


Croisée avec cette tradition française satirico-politique, l'influence anglo-saxonne marquera la plupart des journaux de bande dessinée qui verront le jour en France, de Pilote à Fluide Glacial en passant par Charlie Mensuel.

Mais ceci est une autre histoire (comme dirait l'autre).



par Morvandiau publié dans : work in progress
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Jeudi 27 mars 2008
P-risco-2008.jpg

D'Algérie est un livre qui n'aurait pu voir le jour ailleurs que chez un éditeur indépendant - j'entends par là un éditeur dont la globalité du catalogue est définie, avant tout, sur des critères de création.
Cette précision semblera peut-être anecdotique aux lecteurs de mon livre (en particulier à ceux qui découvrent mon travail à cette occasion).
Elle me paraît pourtant capitale.
Aussi bien dans le contenu et son traitement que dans le processus de travail (calendrier de maturation puis de réalisation - en l'occurrence long et distendu - mais aussi dans la réalisation
de l'objet et dans son suivi ), cette dimension alternative à l'industrie du livre est intiment liée à ma manière de travailler sur ce projet (et sur la plupart des précédents à y regarder de plus près ! ).
Certains auteurs, comme Jean-Christophe Menu dans son plates-bandes ou Thierry Groensteen dans Un objet culturel non identifié, ont développé, chacun à sa façon, une analyse critique des rapports de la bande dessinée avec ses dimensions artistiques et commerciales.
L'organisation de
Périscopages, manifestation et structure que je préside bling-bling, est une autre façon de faire connaître ce secteur de création foisonnant. Benoît Jacques en est cette année l'invité d'honneur (et, à ce titre, l'auteur de l'affiche ci-dessus).

par Morvandiau publié dans : work in progress
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Vendredi 21 mars 2008
Le Cid, version 6.0 (éditions Rackham), par M.Vandermeulen et ma pomme.

J'ai déjà parlé ici de ma découverte troublante du Cid d'Edmond Brua. Mon compère David Vandermeulen et moi-même nous sommes également attaqués à l'adaptation de ce best-seller de Corneille. Tous deux avons respectivement une bibliographie frisant le ridicule tant l'humour (et parfois un certain amusement) y tient une place de choix. Faut-il comprendre qu'avec des projets comme Fritz Haber et D'Algérie nous avons chacun atteint maturité dans notre oeuvre et sagesse dans notre vie?
Seul un journaliste inspiré pourrait l'affirmer.
En attendant, il est suffisamment rare d'entendre un auteur de bande dessinée s'exprimer longuement sur son travail alors qu'on lui pose des questions intelligentes.
, dans de telles circonstances, vous pouvez écouter David parler de son formidable projet.

PS: Ah oui, formidable projet qui rejoint les sujets évoqués dans l'article précédent : colonisation, avènement des sociétés industrielles, identités et bain culturel...
par Morvandiau publié dans : généralités
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Mercredi 19 mars 2008

Petain.JPG
"L'expression identité nationale, en France, a été mise en circulation, pas par la droite, mais par l'extrême gauche".
Est-ce à dire que
le vieux Maréchal était un (dangereux) gauchiste qui s'ignorait ?
L'historien Gérard Noiriel, membre démissionnaire
de la Cité nationale de l’immigration suite à la création du Ministère de l’identité nationale, explique, dans une conférence éclairante, les renversements du discours - opérés de la gauche vers la droite - relatifs à cette identité. Comme dans son livre Immigration, antisémitisme et racisme en France (XIX-XX siècle) - discours publics, humiliations privées, il revient sur l'histoire de cette notion identitaire, de sa représentation dans l'imaginaire collectif et de son utilisation politique. Comme je le suggérais ici à propos d'un livre de Benjamin Stora, les images véhiculées en France autour de l'Etranger en général, et de l'Arabe en particulier, ne datent pas d'hier.
Parmi d'autres considérations passionnantes, Gérard Noiriel évoque l'une des caractéristiques de l'immigration en France : sa mise en place et son développement
dès le XIXème siècle - alors que les autres territoires européens sont pour beaucoup encore des terres d'émigration - en réponse au poids politique octroyé aux classes populaires par un droit de vote acquis dès 1848. Confrontées aux mutations du capitalisme, et à la différence de la situation en Grande-Bretagne par exemple, rappelle Gérard Noiriel, la population française pèse donc électoralement en amont de la révolution industrielle. En conséquence, pour recruter de la main d'oeuvre, les responsables capitalistes ont recours au travail des femmes - qui ne votent pas - et à l'usage massif de l'immigration.

par Morvandiau publié dans : généralités
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Lundi 17 mars 2008
Willem-Tiberi-copie-1.jpg
Alors que je range mon atelier, je retrouve un dessin de circonstance (Tibéri est réélu à Paris et NTM se reforme !) découpé dans Libération il y a quelques années.
Willem, donc. Je regarde son travail depuis longtemps avec bonheur mais il m'a fallu la lecture extérieure de mon éditrice pour me faire remarquer que D'Algérie lorgnait parfois du côté de son univers graphique. Qu'on m'entende bien : je ne parle pas d'équivalence de talent hein mais bien d'influence ! Dessin noir et blanc d'après photos, mêlant histoire et politique, avec le plaisir de combiner des images en séquences... il semblait même tellement évident que les pages de Willem aient influencé mon oeil que j'ai réalisé, en cours de livre, une double page pour le coup volontairement référencée à son travail. Comme dirait Brassens : "le bon maître me le pardonne!". Le dessin ci-dessus n'est d'ailleurs sans doute pas le plus représentatif de cette référence au principe de séquence développé par Willem (on regardera plutôt Eliminations paru chez les Requins Marteaux - sans oublier non plus que le tout premier livre des éditions électriques était consacré à Willem à l'occasion du premier Périscopages - ou encore les très bonnes publications des éditions Cornélius).
de-gaulle.jpg
alg-rie-fran-aise.jpg
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Mardi 11 mars 2008
Taraud-Femmes-d-Afrique2.jpg
Dans Femmes d'Afrique du Nord - cartes postales (1885-1930), Christelle Taraud, avec Leïla Sebbar et Jean-Michel Belorgey, poursuit son passionnant travail d'investigation autour des images de femmes et de l'imaginaire colonial qu'elles véhiculent (éditions Bleu autour, 2006).


Le 5 février, l'INA a officiellement remis 400 heures d'images, filmées entre la 2ème guerre mondiale et 1962, à la télévision algérienne. La Ligue des Droits de l'Homme de Toulon, qui fut une autre de mes sources de documentation, revient sur cette transmission.

Le site de l'INA - qui fera passer pas mal d'heures à ceux qui s'ennuient au bureau (il rappelle aujourd'hui qu'une jeune femme a tenté de se suicider dans la Seine à la mort de Claude François en criant "Cloclo, je t'aime ! ") - donne la possibilité de visionner ces images.

Dans "Algérie moderne", un reportage daté de 1946, on peut toucher du doigt le décalage qui existe alors entre le paternalisme du commentaire ("La France a pensé qu'il était dans son rôle  de pourvoir à la joie du pauvre") et le contexte général, notamment le durcissement d'après-guerre des mouvements nationalistes algériens. Les mélomanes apprécieront une formidable musique non moins traversée de bons sentiments.

Camarades rennais, admirateurs de tous pays, Kate Fletcher, Jean-Pierre Mercier et moi-même discuterons ce mercredi 12 mars à 18h30 aux Champs Libres, autour
de l'oeil électrique éditions et D'Algérie.
par Morvandiau publié dans : généralités
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Mercredi 5 mars 2008
Le-Tigre-VIII-2.jpg
J'en ai déjà parlé ici : le volume VIII du journal Le Tigre est paru (en kiosque ET en librairie).
Pas de rapport direct avec D'Algérie, juste le plaisir de découvrir la nouvelle (très belle) version bimestrielle de cette publication atypique, imaginative et sans publicité (y aurait-il un lien de cause à effet mon cher Watson?) à laquelle collaborent deux auteurs déjà évoqués sur ce blog : Monsieur Vandermeulen et Eric Chevillard.
Ah, et puis tiens, puisque vous y tenez chers lecteurs, j'y décèle une histoire en images qui traite de colonialisme et de religion (éditions de l'Apostolat de la prière, 1931) dont voici la première page.
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Comme le rappelait justement un historien lors de la rencontre au petit salon Flblb, la France, au tournant du XIX-XX ème siècle, et ses différentes composantes politico-idéologiques baignaient majoritairement dans le doux sentiment d'apporter les lumières de la Civilisation aux sauvages de la planète. Quelques teigneux anticolonialistes, parmi lesquels les dessinateurs de l'Assiette au beurre, existaient bel et bien mais se comptaient alors sur les doigts de la main du baron Empain comme dirait Pierre Desproges.
par Morvandiau publié dans : généralités
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Mardi 26 février 2008
Conclusion (humoristique, faut-il le préciser) de Pascal Ory sur France Culture ce midi au sujet de Saint Augustin, considéré par certains comme "l'Algérien le plus célèbre".

Algérien et berbère, comme les membres de l'ACBB qui m'invitent demain avec le Comité Rennes Sétif à 18h30 à la Maison Internationale de Rennes.
par Morvandiau publié dans : C'est officiel!
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Mardi 19 février 2008
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Ci-dessus un de mes dessins publié sur le site d'information satirique Bakchich (auquel je contribue depuis... le festival d'Angoulême).

Parmi les stéréotypes français relatifs au Maghreb, le poncif raciste de "l'Arabe" est probablement le plus partagé. Cette entité générique permet, s'appuyant sur une forme d'imaginaire collectif, d'associer sans ambages une diversité exemplaire de notions : l'Arabe, l'immigré, l'habitant des cités, le musulman, le polygame, le sauvage, l'envahisseur, le délinquant, la racaille...  
Dans Le transfert d’une mémoire – de l’Algérie française au racisme anti-arabe, Benjamin Stora analyse l'histoire de cet imaginaire et l'instrumentalisation qui en est faite,
en revenant notamment sur l'articulation entre Algérie française et Front National.

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Image et commentaire extraits de la Prostitution coloniale de Christelle Taraud.

Depuis les photographies du XIXème siècle mettant en scène des prostituées maghrébines jusqu'aux clichés télévisuels contemporains sur les immigrés arabes et leurs descendants, les relations franco-algériennes pourraient mettre au travail un bon nombre de psychanalystes !

Y aura-t-il des psychanalystes dans la salle ? Je n'en sais rien mais je suis invité ce week-end au Maghreb des livres, manifestation qui se tient à Paris dans la mairie du 13ème arrondissement. Comme pour les autres rencontres à venir, tout est détaillé dans mon agenda.


par Morvandiau publié dans : généralités
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Mercredi 6 février 2008
undefinedConnu internationalement comme cinéaste militant - et en Italie comme le frère de Bruno Pontecorvo, physicien nucléaire passé à l'Est en 1950 - Gillo Pontecorvo réalise La bataille d'Alger en 1965.

Avec un réalisme atmosphérique assez saisissant - le film sera utilisé par les militaires américains se formant à la guerre subversive - il retrace la bataille qui oppose en 1957 les parachutistes de Massu aux membres du FLN d'Alger, parmi lesquels les figures emblématiques d'Ali la Pointe et Yacef Saadi. Celui-ci, en plus d'y camper son propre rôle, est producteur du film. René Vautier, partie prenante de l'émergence du cinéma algérien, évoque dans ses Mémoires les circonstances tumultueuses de cette production, Yacef Saadi et lui-même quittant le président Ben Bella et son directeur de cabinet  avec un (gros) paquet d'argent liquide (afin de contourner les lenteurs administratives qui rendaient fou furieux Saadi !).

Recevant le Lion d'Or à la Mostra de Venise en 1966, le film devra attendre 1971 pour sortir normalement dans les salles françaises.

Les amateurs noteront au générique la présence musicale d'Ennio Morricone.
par Morvandiau publié dans : Filmographie
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