Pas de chichi, pas de blabla, je serai mercredi 11 avril à 18h30 à la capitale, au 71 rue de Ménilmontant, dans la bien bonne librairie le Monte-en-l'air pour fourguer aux lecteurs toutes les signatures que j'ai eues en rab lors de ma campagne !
Par ailleurs, toujours en kiosque chaque semaine, achetez X semaines avant l'élection !
Dessinateur, écrivain, éditeur, Frédéric Pajak est à l'initiative de cet hebdomadaire éphémère dont la caractéristique, singulière en cette période pré-électorale saturée de slogans creux et de petites phrases prétendument assassines, consiste à ne parler ni des candidats, ni des programmes. Un biais rafraîchissant, pour le lecteur curieux comme pour le contributeur enthousiaste (j'y réalise la série "Transis d'amour" avec le dessinateur Micaël), pour parler tout de même de politique et de sujets contemporains.
Le numéro 3 paru ce mercredi, 7 semaines avant l'élection, revient notamment sur la françafrique dans un dossier qui rappelle et synthétise les relations issues de la politique coloniale de la France - fort à propos alors que les questions énergétiques demeurent centrales (et pas seulement nucléaires) dans les imbrications géopolitiques internationales.
Achetez-le vite, lisez-le, le dernier numéro paraîtra entre les deux tours !
Tous les détails sur le site.
A l'occasion du cinquantenaire des accords d'Evian, le journal Libération m'a commandé une double page de bande dessinée (parue samedi 3 mars).
Plutôt que de détailler le déroulement de ces accords, j'ai préféré garder le fil qui guida l'élaboration de D'Algérie : évoquer chronologiquement, du point de vue d'un/de Français, l'idéologie et les discours qui façonnèrent l'imaginaire colonial et qui continuent à irriguer certaines représentations politiques contemporaines.
La commémoration des 50 ans de l'indépendance algérienne est l'occasion de nombreux évènements.
En ce qui me concerne, dans le cadre d'une journée consacrée à cet anniversaire, je suis invité samedi 10 mars à participer à une rencontre sur le thème "Algérie : passé et présent en bande dessinée" à la Fnac Forum des Halles de Paris.
Rencontres, projets en route, expositions et tournées du patron : bon crû cette année à Angoulême.
En attendant de vous donner des nouvelles directes des projets sur le feu, je vous renvoie au travail fourni par les autres :
- Des interviews de radiograndppapier à la maison des auteurs (dont une de votre serviteur), ici.
- Du son d'Henri Landré pour JetFM, là.
- Un papier de Jean Sébastien Mora sur les paradoxes de la bête, par là.
Un peu de lecture pour quand il neige.
Je signale aussi aux curieux l'excellente exposition "Le musée privé" d'Art Spiegelman, visible au musée de la bande dessinée, jusqu'au 6 mai. Une visite dans l'histoire de la bande dessinée, notamment guidée par un auteur qui connaît son affaire (mais également par les éminents Thierry Groensteen - commissaire de ladite expo - Thierry Smolderen ou encore Jean-Pierre Mercier) et dont le point de vue change un peu des dictionnaires officiels, tout en empruntant intelligemment à toutes les époques.
J'y serai donc à partir de mercredi soir avec (toujours) quelques exemplaires D'Algérie sous le bras mais aussi, en avant-première (il sera début avril en librairie), Mon Programme pour la France.Tout ça au Nouveau Monde, sur le stand des éditions Marwanny.

L'accueil est déjà fantastique et la presse unanime :
"Un livre où la vacuité l'emporte sur le ridicule, où le rire succède aux larmes, où il est difficile de trancher entre fromage et dessert." Le Monde
"Mon dieu, qu'est-ce qu'on va bien pouvoir dire sur ce bouquin pour être en avance sur tout le monde et ainsi conforter notre statut de média prescripteur ?" Les Inrockuptibles
"C'est bien simple, l'alliance du meunier Morvandiau et du boulanger Marwanny roule les cuistres dans la farine." Le Parisien
"Incroyable ! ça faisait si longtemps qu'on avait lu un livre ! " Le Figaro
Affiche de la 7ème édition du festival Komikazen, Ravenne, Italie.
"Le masque du pouvoir".
Ainsi s'intitulait le fil rouge de la dernière édition de Komikazen où quelques pages D'Algérie étaient présentées au sein d'une vaste exposition collective.
Parmi celles-ci, je présentais la page ci-dessous, citant Jean-Marie Lepen au sujet de ses propres pratique et justification de l'usage de la torture.
Face à l'étonnement visible du public italien présent, je rappelais que l'ancien leader d'extrême-droite avait bénéficié des amnisties successives de l'Etat français.
2002 avait donc pu voir une personnalité porteuse d'un tel pedigree au second tour des élections présidentielles.
En 2011, après le Canard Enchaîné et Michel Rocard il y a quelques années, Jean-Marie Lepen a récemment annoncé qu'il attaquerait Eva Joly pour diffamation suite aux déclarations de cette dernière.
Comme l'explique très clairement l'article du Monde cité par Algeria-Watch, les amnisties ont engendré quelques subtilités juridiques que ne renierait aucun amateur d'acte manqué :
"Devant les tribunaux, l'évocation de faits de torture commis pendant la guerre d'Algérie relève d'une procédure particulière en raison des lois d'amnistie. Celles-ci interdisent d'évoquer les faits eux-mêmes. Conséquence, l'auteur des propos ou des écrits poursuivis pour diffamation ne peut se défendre, comme c'est le cas habituellement, en apportant la preuve de leur véracité. Il lui faut convaincre les juges de sa bonne foi."
Alors que Nicolas Sarkozy - toujours officiellement non-candidat aux prochaines élections présidentielles - a opéré un énième revirement démagogique en s'attaquant à l'idée du vote des étrangers aux élections locales (qu'il préconisait encore en 2005), le ministère de la défense annonçait le transfert des cendres du général Bigeard aux Invalides. Ce dernier, figure emblématique de la bataille d'Alger - et contrairement même au général Massu, pourtant peu réputé pour ses tendances gauchistes - n'aura jamais condamné ni même regretté l'usage de la torture en Algérie.
Le refoulement pèse de tout son poids dans la position de l'Etat français, et dans une partie de l'opinion, face à la guerre d'Algérie en général et à la pratique de la torture en particulier. On se prend parfois à rêver - pas très longtemps, il faut l'admettre - que les prochaines élections présidentielles soient l'occasion d'une bonne séance de psychanalyse nationale.
Et bonne année quand même !
Le festival italien Komikazen donnera bientôt sa 7ème édition. L'exposition collective intitulée Le Masque du Pouvoir propose de réunir quelques auteurs du monde entier travaillant, sous un jour politique, sur le monde arabe et le moyen-orient (notions discutables - ne serait-ce que dans leur singulier - que votre serviteur traduit ici bêtement depuis la version anglaise du site).
J'aurais le plaisir d'y participer en présentant une vingtaine de pages de D'Algérie.
On le sait, avec les attentats du 11 septembre et la réaction vengeresse de Bush dans la ligne droite du présumé conflit des civilisations, l'image de l'Arabe de service que j'évoquais ici a connu, depuis 10 ans, une forte réactivation.
Il est vrai qu'on ne pouvait pas encore saluer le courage et l'audace de tous ces sauvages qu'on découvrait capables de mettre en oeuvre des révolutions démocratiques.

Dans l'obsession sécuritaire, Arte revient (quelques jours encore) sur le virage qu'a pris la lutte antiterroriste et sur quelques exemples d'incarcérations abusives auxquelles elle a donné lieu. Si, parmi elles, l'affaire de Tarnac a été largement médiatisée, il est frappant de constater que les arabes de service, victimes des mêmes abus, ont eu encore beaucoup plus de mal à se faire entendre.
En plus de m'épancher dans les gazettes, j'ai eu le plaisir d'être sollicité par Christian Rosset pour une création sonore réalisée pour France Culture (j'avais eu l'occasion d'en parler lors de sa diffusion).
Christian Rosset et L'Association ont eu la bonne idée de regrouper ces mises en onde (concernant 28 auteurs si j'ai bien compté) dans un livre-disque. Le lien entre ces séquences mis à part lesdits auteurs ? Christian Rosset bien sûr, ses questions, ses compositions et ses obsessions (mélancolie quand tu nous tiens ! ) mais au delà du bonhomme et du parcours qu'il évoque dans le livre, la confirmation que la création demeure vivante tant que les cloisons ne viennent pas vicier l'air ! Son, peinture, bande dessinée, poésie et j'en passe - si chacun possède ses spécificités, il convient surtout d'avoir du souffle !